La première fois (de Psykokwak) que j'ai eu la honte de ma vie

Publié le par fcrank

Aujourd'hui, la honte de Billy Elliott Psykokwak !

Blog_psykokwak Je devais avoir 6 ans et demi quand mes parents soucieux d’élargir mes aptitudes artistiques s’inquiétèrent de me voir préférer le séjour dans la chambre où je poussais des petites voitures et construisais des circuits de trains électriques aux joies saines d’une activité d’éveil artistique. Je n’avais nul envie de déroger à mon petit confort obsessionnel et solitaire. C’est alors qu’ils se souvinrent que lors de la dernière fête de l’école j’avais du les émouvoir à me trémousser, déguisé en pomme tout en ânonnant une comptine.

Ils pensèrent à la musique, mais dans notre trou normand seul l’accordéon trouvait grâce et enseignement auprès des autochtones. Verchueren et un instrument trop lourd pour mes petits bras les dissuadèrent de tenter l’aventure.

Trop focalisés sur le mental ils évitaient l’option physique. Je pense que me voir galoper et taper dans un ballon n’avait jamais effleuré leur esprit, d’autant que je manifestais assez peu d’empressement à rejoindre les garçons de mon âge pour ce genre d’activité.

De son côté ma jeune sœur, histrionique sur les bords, piaffait d’impatience de révéler ses futurs talents de danseuse.

Pourquoi ne pas les inscrire tous les deux à un cours de danse ?

Voilà une réflexion moderne, progressiste, et aussi pratique. Les deux moutards casés ensemble pour leur plus grand bien supposé sous les auspices de Terpsychore. Ma cadette m’enquiquinant tant et plus que de guerre lasse j’acceptai leur choix.

Me voilà donc en binôme avec une frangine toute excitée à l’idée de réaliser son rêve de future ballerine. Je refusai de participer aux séances d’essayage de tutu et autres collants.

Je l’accompagnais résigné pour la première séance. Arrivé au cours de danse, quelle ne fut pas ma surprise de m’apercevoir que j’étais l’unique mâle dans ce gynécée. Je sollicitai en vain ma mère pour fuir cette ribambelle de morveuses en tutu. C’était la première fois que j’étais entouré de filles, pas l’ombre d’un congénère. Mon inquiétude grandissait, je voulais fuir, disparaître.

Je dus rejoindre le vestiaire où les gamines ne manquèrent pas de se moquer de mes geignements. Ma mère commençait à perdre patience et sous les regards curieux, amusés et railleurs des donzelles j’enfilais un collant et les chaussons de danse. Dans quel guêpier mes parents m’avaient ils entraîné ? Je maudissais ma mère et la suppliais de me retirer de là.

Les sympathiques encouragements reprirent  « ouh le garçon, ouh le peureux, la chochotte » .

Je finis par me retrouver dans la salle, tout gêné d’être l’attraction du moment.

J’essayai bien de me dissimuler et quand vint mon tour d’esquisser quelques pas devant les autres, la honte m’envahit, je venais de pisser dans mon collant.

Il va s’en dire que ce fut mon unique apprentissage de danse.

Ce n’est qu’adolescent que je m’intéressai à la danse mais pour d’autres raisons, cette fois les collants des garçons alimentaient mes fantasmes. De cette honte je conserve une inappétence à danser.

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soft drink 06/09/2007 09:22

je suis une tafiole mais moi je pisse pas dans mes collants!! travelo d'opérette hihi...